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Pourquoi dit-on « prendre son pied » ?

Il a fallu attendre 1968 et la révolution sexuelle pour que cette expression argotique devienne populaire et employée couramment dans la langue française. Au début du 19ème, elle appartient au vocabulaire des pirates et voleurs à la tire. Au moment de partager le butin, des piles sont formées sur la table, et chacun prend son revenu, compté en taille de pile, dont l’unité de mesure était le pied. Chaque bandit prenait donc son « pied », et s’empressait de la dépenser de manière « agréable », c’est-à-dire avec des prostituées. « Pied  » est donc, dans cette expression, utilisé en référence à l’ancienne unité de mesure et non au sens anatomique. L’expression argotique connaît une variante équivalente, qui serait « prendre son fade ».

Au tournant du 20ème siècle, l’expression passe chez les prostituées pour signifier une femme ( et seulement une femme) qui « en a pour son compte » dans la relation sexuelle. L’expression est ensuite étendue aux deux sexes, et utilisée pour désigner la jouissance lors de la relation sexuelle. Elle s’étend ensuite à tous les types de bonheur et de jouissances terrestres. On peut désormais « prendre son pied » en faisant quelque chose d’agréable qui peut n’avoir aucun rapport avec le sexe.

Pourquoi y a-t-il un mystère Anastasia?

Anastasia était la quatrième fille de Nicolas II, le dernier tsar de Russie, qui a régné jusqu’en 1917. Celui-ci était marié à l’impératrice Alexandra, de laquelle il eut quatre filles entre 1895 et 1901, puis finalement, e 1904, l’héritier tant attendu, le tasrévitch Alexis. En 1917, suite à la révolution bolchevique, le tsar abdique, et lui et sa famille sont alors retenus prisonniers durant cinq mois. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, Lénine et une partie du Bureau Politique ordonnent l’exécution de la totalité de la famille impériale et de leurs serviteurs.

Cependant, en 1920, une certaine Anna Andreson, en Allemagne, prétend être Anastasia : elle dira avoir été sauvée par un des membres du peloton d’exécution, qui l’a par la suite épousée. Les membres de la famille impériale refusent de la reconnaître. Elle se met alors à livrer des détails que seule la fille de Nicolas II aurait pu connaître, sur la vie à la Cour de Russie, sa famille, les conditions de détention, mais aussi et surtout elle révèle les négociations d’accords secrets en 1916 entre Nicolas II et un envoyé de Guillaume II dont elle prétend avoir été témoin. La famille impériale refusera toujours de voir en elle Anastasia, d’autant qu’Anna Andreson, malgré les détails qu’elle livre, ne ressemble pas physiquement à Anastasia, et surtout ne parle pas russe !

En 1990, les corps de la famille sont retrouvés et exhumés, et on procède alors à une analyse ADN. Le corps d’Anastasia est retrouvé avec ceux de sa famille, et sa mort est clairement datée de 1918. Le mystère est donc résolu : Anastasia n’a pas survécu. Il n’existe à ce jour pas d’explication pour justifier la connaissance approfondie qu’Anna Andreson avait de la famille impériale et de la vie à la Cour.