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Pourquoi parle-t-on de téléphone arabe ?

Cette expression est couramment utilisée depuis le 20ème siècle pour désigner familièrement la transmission rapide de nouvelles de bouche à oreille, les informations étant alors le plus souvent déformées ou amplifiées.

Le mot « téléphone » exprime l’idée de l’extrême rapidité de la transmission de l’information entre les personnes. Il s’agit également, avec un peu d’ironie, de montrer que même sans moyens de communications évolués, une information peut parfaitement se propager rapidement. Le mot « arabe » est à replacer dans le contexte plutôt raciste et dominateur de la France colonisatrice du 20ème siècle, qui considérait que les pays nord-africains étaient ceux où les rumeurs se diffusaient le plus facilement, malgré le manque de moyens de communication élaborés. On a aussi employé l’expression « téléphone de brousse », qui fait cette fois référence à l’Afrique noire où le même genre de transmission orale rapide existe.

Par déformation, le téléphone arabe est devenu un jeu de société, consistant  faire circuler rapidement à travers une file de joueurs une phrase inventée par le premier d’entre eux, puis récitée à voix haute par le dernier.  L’intérêt du jeu est de comparer la version finale de la phrase à sa version initiale. En effet, avec les éventuelles erreurs d’articulation, de prononciation, les confusions entre des mots et des sons, la phrase finale peut être tout à fait différente de la phrase initiale. L’intérêt du jeu croît avec le nombre de joueurs et la complexité du message à échanger. Le record du monde du plus grand téléphone arabe a été réalisé par l’artiste américainMac King le 6 janvier 2004 au Harrah’s Las Vegas Casino et a impliqué 614 personnes.

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Pourquoi dit-on « prendre son pied » ?

Il a fallu attendre 1968 et la révolution sexuelle pour que cette expression argotique devienne populaire et employée couramment dans la langue française. Au début du 19ème, elle appartient au vocabulaire des pirates et voleurs à la tire. Au moment de partager le butin, des piles sont formées sur la table, et chacun prend son revenu, compté en taille de pile, dont l’unité de mesure était le pied. Chaque bandit prenait donc son « pied », et s’empressait de la dépenser de manière « agréable », c’est-à-dire avec des prostituées. « Pied  » est donc, dans cette expression, utilisé en référence à l’ancienne unité de mesure et non au sens anatomique. L’expression argotique connaît une variante équivalente, qui serait « prendre son fade ».

Au tournant du 20ème siècle, l’expression passe chez les prostituées pour signifier une femme ( et seulement une femme) qui « en a pour son compte » dans la relation sexuelle. L’expression est ensuite étendue aux deux sexes, et utilisée pour désigner la jouissance lors de la relation sexuelle. Elle s’étend ensuite à tous les types de bonheur et de jouissances terrestres. On peut désormais « prendre son pied » en faisant quelque chose d’agréable qui peut n’avoir aucun rapport avec le sexe.